La lumière incandescente du soleil semblait brûler la nature en contrebas. Là, ou les fleurs et la végétation s’épanouissait, le soleil frappait à l’aveugle et finalement, lorsque les feuilles, les pétales, les sépales de ce monde aurait dû être d’une fraicheur d’un vert profond, on aurait dit que l’automne était déjà descendu tant le pourpre et le carmin avait déjà prospéré ici et là !
Au milieu de ce champs de fleur bombardé par le soleil, elle marchait, nue, agressé autant par son existence que le soleil. Que de problème dans son existence, elle plissait les yeux, avançant à tâtons, quasiment aveugle. Elle était perdue, tant dans son corps que dans son esprit. Elle était tombée dans un cercle de souffrance infinis ou les remarques se multipliait et étaient tous les jours plus cinglantes. C’était trop, ce n’était que souffrance, ce n’était que malheur et au bout de ce chemin, seul plus de douleur l’attendra. Elle en était persuadée, convaincue elle-même de ses pensées négative. Son errance perdue dans le nature accentuait le mal être qu’elle ressentait. Elle était déterminée à en finir, à tout laisser tomber, à affronter la belle faucheuse. On pouvait voir cela comme de la faiblesse, mais aussi du courage. Qui étions nous pour comprendre la souffrance de celle-ci.
Quel intérêt à vivre dans un monde où la nature souffrait autant qu’elle elle souffre ? Il n’y avait plus aucun espoir, le monde était condamné et il n’y avait plus aucun espoir, alors, autant en finir ! Se bercer n’avait plus d’illusions, on avait beau lui raconter que n’importe quel seigneur mort tant il voulait la rencontrer, ou qu’elle pourrait trouver toutes les richesses du monde si elle creusait assez. Elle n’y croyait plus, à ces promesses de tous et de n’importe qui. Autant qu’elle n’aura jamais de perle de pluie d’un pays ou il ne pleut pas, un domaine ou l’amour sera roi n’existera jamais.
Plus rien n’avait de sens, car quoi qu’on fasse, elle était condamnée autant que ceux qu’elle connaissait. Vivre la faisait plus souffrir qu’autre chose, alors en finir, fuir, partir, n’était-il pas la meilleure chose à faire ? Fuir jusqu’à ce que ses pieds soient écarlate de souffrance, comme pour expier son seul crime que d’être née dans un monde où le bonheur n’était plus. L’existence l’avait maltraité comme bien des autres et elle ne l’acceptait pas, c’était trop dur, elle était à bout de force, elle était désormais faible, elle voulait s’arrêter, pleurer, tout arrêter.
Elle ne savait même plus pourquoi elle marchait, même le contact des rayons du soleil qui avaient toujours été plus réconfortant qu’autre chose la faisait souffrir. Ainsi, lui aussi était trop violent avec elle. Il n’y avait à ses prunelles vides, plus aucun espoir, tout était terminé : vide.
Elle s’écroula sous le poids de ses remords et du soleil. Alors que sa tête cognait le sol et que des larmes retenues trop longtemps coulaient, ses cheveux descendirent jusqu’à ses yeux, sa chevelure ondulée qui l’avait rendu fier, qui l’avait suivi encore et toujours était toujours là, lui cachant désormais la flaque de ses propres larmes de souffrance. Se collant ici et là, elle n’était plus capable de voir et hurlant de douleur plus dans sa poitrine, elle se releva et se mit à courir jusqu’à ce que ses pieds ne la portassent plus, jusqu’à son ce que son corps abandonnât la partie lui aussi, qu’il acceptât de se rendre et finalement de la laisser dormir pour le restant de sa vie.
Elle était ivre de souffrance et sa course ne s’arrêta pas avant de longs instants. La douleur transformait les gens et elle n’était déjà plus celle qu’elle était. Elle était perdue et ne semblait pas être capable de retrouver son chemin. Elle ne voulait plus souffrir, mais déjà elle s’éloignait de cette envie de ne plus souffrir, souhaitant l’ultime souffrance. Aucune idée, aucune personne ne pouvait la retenir, que ce soit ceux qui l’avait aimé, elle n’en voulait plus de cette existence qu’on lui offert malgré elle.
C’était égoïste, mais elle en avait marre, elle qui avait déjà assez vécue pour les autres, voilà qu’on voulait la forcer à rester pour les autres ? Elle refusait, elle préférait en finir pour elle-même. C’était à ses yeux, la seule chose qu’elle pouvait faire pour elle-même : en finir.
Personne ne pouvait la sauver de cette souffrance qu’elle ressentait, car au final, seul elle-même pouvait se sauver, mais elle ne le voulait pas, ou plutôt, elle ne voulait plus !
Continuant de sombrer dans sa névrose, elle finit par trébucher et se cogna si fort que ses cheveux se décollèrent de ses paupières mouillées. Les yeux mouillant à cause de la douleur, elle releva les yeux et là !
La beauté du monde. Les plantes et fleurs qui semblait auparavant souffrante du soleil n’avaient plus l’air aussi mal en point. Même l’astre solaire s’était lui aussi calmé, le ciel avait perdu sa teinte azur et finalement, un profond orange avait envahi la plaine et bombardait désormais tout sur son passage, elle comprit. Devant cette beauté irréelle, dans un monde qui lui apparaissait quelques secondes auparavant dénuées de vie, elle resta béate quelques secondes. Peut-être bien que ce monde n’eût pas de sens, qu’il faisait souffrir, mais il était néanmoins possible de rayonner infiniment de beauté. Vivre n’était pas sérieux, il ne fallait pas se prendre la tête, mais profité de l’existence, des petites joies et ne pas se noyer sous le flot de souffrance, il fallait réussir à prendre du recul sur sa souffrance. Elle qui folle de douleur s’était baladé telle Eve durant des heures, la peau désormais dardé de coup de soleil que la souffrance était autre part, sur ses genoux qui avaient cogné le sol, contre son dos qui la brûlait. Elle avait mal, mais elle était en vie et n’était-ce pas là au final l’important ?
Elle se releva alors et embrassant le paysage angélique devant elle, d’une voix calme, reposée, voir même libéré elle déclara :
« Il n’y a plus rien ici. »
Car en effet, les mauvaises pensées obscures s’étaient évanouies dans ce crépuscule ardent et la nature qui lui avait parus si morte étincelait comme un joyau qu’elle seule pouvait voir. Au final, il n’y avait plus ni malignité dans cette nature, seul persistait une beauté mystique qui occupait désormais son esprit. Son œil souligné d’un trait noir scrutait désormais ce paysage enchanteur, à la recherche de réponse et même si elle ne les trouvait pas, elle pourrait quand même rester ici loin de l’homme, là ou les rêves sont possible et ou l’espoir renaît. Derrière ce chemin qui semblait perdu, une route était là, elle était l’espoir, infinis et inaltérable, telle une source. Elle s’était perdue, mais pour le mieux, car elle pouvait désormais emprunter un chemin nouveau, libéré de tout. Elle pouvait galvaniser tout recommencer.
Il fallait parfois se perdre pour se retrouver et trébucher pour se relever. Se plaindre et se lamenter ne servait à rien, car il suffisait de relever les yeux pour voir une nouvelle lueur d’espoir. La douleur existait, mais son inverse existait aussi et au final, c’était la joie et le bonheur qu’il fallait poursuivre, même s’il fallait marcher pour l’atteindre. On ne pouvais que se sauver soi-même, mais il fallait des efforts, rien ne s’obtenait sans douleur, ni souffrance, et le bonheur ne faisait pas exception.
Souffrir fait partis de la vie, mais tout le monde souffre, autant que tout le monde aspire au bonheur. Or, seul vous pouvez trouver votre bonheur, peu importais combien vous étiez perdu, vous trouverez toujours un chemin d’espoir et je l’espère, trouverez le bonheur et la joie de simplement observer un paysage enchanteur… Les meilleurs plaisirs sont les plus simples.
Sphinx, 1er octobre 2020